Republica de Guerilla

Bureaux et salle de répétition théatre

 
 

Salle de répétition et bureaux pour la compagnie de théâtre  » Teatre de Guerilla » à Arbucies.

Artiste: Santiago Borja

Texte: Joana Maso et Javier Bassas

Information Complémentaire

Ville

Arbucies

Maitre d'ouvrage

Théâtre de Guerilla

Maitrise d'oeuvre

Atemps architecture

SP

1300m²

Montant travaux HT

1M€

Description du Produit

RUINES DU CORPS ARCHITECTURAL: GREFFER, DÉBORDER

Les ruines sont à penser. Dans la tradition classique, la pensée des ruines suppose une interrogation sur le temps passé comme la temporalité propre aux ruines. Il se peut pourtant que ni le passé ni les topoi bien connus qui lui sont associés – le memento mori, le vellis nolis tempus fugit, la vanitas vanitatis, le ubi sunt?, etc.- ne suffisent plus à penser les ruines. Il faudra donc, premièrement, analyser la temporalité des ruines à partir d’une certaine hybridation : dans cette direction, le « futur antérieur » de Jacques Derrida, le « présent donné » et la saturation chez Jean-Luc Marion, ainsi qu’à l’impossible production de ruines dans les « temps à venir » chez Marc Augé.

Dans notre réflexion, l’exploration de ces tensions temporelles sera intimement liée à un projet de « reconstruction » des ruines dont nous donnons ci-dessous la description technique et certaines images de référence. Ce projet de construction d’un lieu de creation théatral depuis des ruines du début du siècle mettra en scène l’impossibilité de re-construire des ruines : des ruines irreconstructibles car elles ne peuvent pas se penser ni sous le modèle de l’objet (vorhanden) ou de l’utilité (Zurhandenheit) suivant la terminologie heideggerienne, ni dans l’adhésion à une philosophie de la présence qui chercherait à leur rendre une prétendue totalité ou fidélité envers un passé déjà révolu, comme le note bien Derrida. Ici, la re-construction des ruines devient simulacre.

La question de leur reconstruction se pose donc autrement. Il ne s’agira aucunement de restituer une forme ou une structure soumise à un modèle passé, mais plutôt de greffer un nouveau corps (une black box) à l’intérieur d’un corps déjà existant –à demi brûlé et fragmenté-, de sorte qu’il déborde et, en même temps, mette au grand jour le cadre donné par les ruines elles-mêmes. A travers ce corps-greffe, on projettera une certaine survivance de la ruine sans avoir à la re-construire ou la re-faire. La ruine nous appellera ainsi autrement et cela pour, au moins, deux raisons : d’une part, les ruines deviendront la peau de ce qu’elles contiennent, elles seront mises en relief dans sa texture pierreuse, dans leur nouvelle forme respectée comme « toujours-déjà-incomplète »; d’une autre part, le corps greffé reflètera les ruines à travers son matériel réfléchissant, les ruines se multiplieront et se donneront à voir sur et par le corps greffé : un miroitement spectral qui gardera la mémoire des ruines sans les reproduire, tout en mettant les ruines face aux ruines.

Or, il est pourtant probable que la projection de cette nouvelle composition formelle à deux éléments (les ruines, le corps-greffe) entraîne un jeu abstrait de volumes qui fasse violence à l’entourage naturel dans lequel ce projet doit être construit. Pour éviter cela, et dans le souci théorique et pratique de garder l’intimité du lieu (voir photo 2), l’ensemble du projet sera couvert en surplomb par une deuxième peau qui permettra d’accueillir la force des volumes et récupérera la mémoire naturelle de la forêt (voir photo 3) : le soleil passera à travers cette deuxième peau – composante artistique du projet, toile d’ombres et de lumière – comme il passe à travers les feuilles des arbres, le recueillement du site naturel pourra continuer à accueillir cet événement architectural.


Warning: call_user_func() expects parameter 1 to be a valid callback, no array or string given in /home/atemps/www/wp-content/themes/mrtailor/woocommerce/single-product/tabs/tabs.php on line 37