Centre d’Art la Cuisine

Centre d'art et de design

 
 

« Les forces naturelles et culturelles qui agissent dans un lieu sont la matière naturelle du projet » (Pierre Restany)

Information Complémentaire

Ville

Négrepelisse

Maitre d'ouvrage

Ville de Negrepelisse

Maitrise d'oeuvre

Munvez-Morel architecte mandataire, Atemps architecte associé, BCET Be Structure, Sacet Be fluides, Damien Aspe artiste plasticien

SP

880 m²

Montant travaux HT

2.4M€

Livraison

Concours

Description du Produit

TROIS HORIZONS
Pour un espace prospectif autour du  » centre d’art La cuisine  »

Reprenons l’architecture là où elle devient architecture : dans son rapport à l’histoire, au lieu, au temps à venir.

À la manière d’un ensemble à trois strates, le geste architectural devra tenir ici en équilibre instable les vestiges pierreux du monument historique, la nature enveloppante où il s’inscrit et le futur musée du design, des arts et des recherches culinaires.

À l’image donc de ces trois horizons, les ruines du château-fort ancrées dans le passé tracent des lignes parallèles, d’une part, avec une nature qui l’accueille et se déploie en surface comme une pelouse-parvis et, d’autre part, avec un long monolithe rectangulaire qui, sorte de reflet inversé du monument lui-même, met en relief l’ensemble de cette composition architecturale et l’ouvre à des nouveaux repères visuels.

Plusieurs espaces dans le même espace, trois temps pour un seul présent.

Les forces naturelles et culturelles qui agissent dans un lieu sont la matière naturelle du projet. (Pierre Restany)

D’emblée, un socle « ruiniforme » massif lourdement ancré dans les fossés et les remblais, soigneusement arasé qui n’est pas sans évoquer certaines images culturelles militaires ou funéraires : mastabas, tombes étrusques ou structures aztèques. Pourtant, cette résonance archaïque semble laisser sa place à la symbolique du château-fort.
Dans ces constructions fortifiées de briques ou de pierres, assemblages d’éléments discontinus, l’équilibre des bâtiments, en l’occurrence leur performance défensive, est fonction du rapport base-sommet : une base lourdement ancrée dans les mouvements aléatoires du site. Ici l’image traditionnelle devient caricature après disparition de toutes les superstructures originelles.
En tant que demeure féodale fortifiée, le château-fort appartient à l’histoire militaire et s’érige comme un mythe-à la fois objet de répulsion, synonyme d’enfermement, de machine à survivre, de violence et aussi objet dérisoire abandonné à la lisière de la ville comme la mue d’une espèce disparue, dernier geste théâtral d’une fin de partie de l’histoire militaire devenu ainsi un aimable lieu de promenade du dimanche, de rendez-vous ou de fêtes populaires.

Voir et habiter la nature

Outre la symbolique féodale et la pesanteur des matériaux, la force du lieu repose sur l’organisation géométrique du paysage. Entourant cette architecture militaire, un site vaste et protégé, paisible et verdoyant invite à la promenade visuelle : un espace à parcourir, un lieu de promenade.
Dès l’abord, l’ouvrage prend donc la forme d’un parcours. Le visiteur est invité à emprunter le vaste escalier en forme de logotype géant pour accéder au centre d’art et survoler ensuite le site par le tablier supérieur aménagé de gradins pour le repos, la contemplation et éventuellement le spectacle. Le toit et ses gradins peuvent jouer le rôle d’une « mezzanine permanente » pour les spectacles donnés sur l’esplanade du château.
En investissant l’espace public, le centre d’art vient refermer la place sur sa façade Nord, contenant ainsi l’espace public initial quelque peu dilaté. Les accès dédiés à la logistique trouvent naturellement leur place au plus près des voies carrossables existantes.

La recherche des arts et de la cuisine : un espace prospectif

Comment préserver intégralement la lecture du site, celle du nouvel ouvrage, sans télescopage archéologique dommageable, sans la moindre ambiguïté architecturale, ou historique ? Comment assurer le parcours continu du visiteur à travers la ruine et le centre d’art depuis la place du château ? Comment greffer l’espace urbain avec son site historique investi par le nouvel équipement culturel ? Tels étaient les enjeux du programme proposé par le maître d’ouvrage.
Le choix d’un ouvrage d’ART habité et enjambant le château sans jamais le masquer ou le percuter (si ce n’est pour trouver un point d’appui ponctuel dans la fosse de l’ancien corps de logis) répond à ces nécessités programmatiques et fonde ainsi la forme architecturale du projet. Ceci ne se fait certes pas sans un geste subversif : le choix de ne pas contenir le projet dans les limites et dans la géométrie du château-fort doit se lire comme une transgression à l’ordre militaire préexistant, à l’ouverture d’un nouveau chapitre de l’histoire du site.
Cet espace prospectif a pour ambition d’être un lieu de développement entre l’art et le design appliqués à l’alimentation.
Des chercheurs de différentes disciplines, des artistes, des designers, des enseignants, des étudiants, des artisans et des industriels vont s’y rencontrer pour mêler culture et agriculture dans un champ de création artistique contemporaine.
En dessinant des espaces ouverts et fluides, des espaces évolutifs débarrassés de toutes contraintes structurelles ou techniques, nous créons les conditions spatiales du dialogue et de la technique, d’un véritable brassage des hommes et des idées.

Voir dans un seul coup d’œil les trois horizons du projet :
Le socle pesant, massif de pierres assemblées porteur de toute la symbolique du château fort.
Le paysage environnant, spectacle total mis en scène par le biais du pont belvédère ou le cadrage des vues qu’il découpe.
Le monolithe de métal flottant sur le sol de façon autonome dont la performance technique joue avec le socle et lui oppose la rigueur de sa géométrie et de sa peau industrielle lisse et lumineuse.

Trois horizons, trois temps pour créer une vibration entre la terre et le ciel entre la nature et la culture.


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